ADER NORDMANN & DOMINIQUE
HÔTEL DROUOT
PARIS
7 DÉCEMBRE
2018
RÉSULTAT
349.440 €
LA VILLA CAVROIS
Un château moderne par Robert Mallet-Stevens
En France, quatre œuvres architecturales auront marqué l’entre-deux-guerres : la Villa E1027 à Roquebrune-Cap-Martin créée par Eileen Gray et Jean Badovici entre 1926 et 1929, la Maison de verre à Paris conçue par Pierre Chareau et construite entre 1928 et 1931, la Villa Savoye à Poissy dessinée par Le Corbusier et construite également entre 1928 et 1931 et, enfin, la Villa Cavrois, du nom de ses commanditaires, édifiée à Croix (Nord) entre 1929 et 1932 d’après les plans de Robert Mallet-Stevens, membre fondateur de l’U.A.M., qui assura aussi une très grande partie de la conception du mobilier. Cette dernière appelée de nos jours [Un château moderne], après avoir été classée au titre des Monuments historiques en 1990 puis acquise par l’état en 2001, fera l’objet d’une campagne de restauration sans précédent pour une bâtisse du XXe siècle dont le montant s’élèvera à 23 M€. Ouverte au public depuis 2015, elle est devenue le symbole de la modernité, en matière d’architecture, de la première moitié du siècle dernier.
Un mobilier pour la villa
Robert Mallet-Stevens, neveu d’Alphonse Stoclet riche financier bruxellois, a été fortement marqué par le Palais créé pour son oncle par Josef Hoffmann entre 1905 et 1911. Il reprend à son compte et à sa manière, près d’un quart de siècle plus tard, le concept d’œuvre d’art totale du célèbre artiste viennois à la faveur du chantier pour M. et Mme Paul et Lucie Cavrois et la villa qui allait porter leur nom. Aussi, l’architecte conçoit la quasi-totalité du mobilier pour la villa ; ses propres théories, ses influences, ses échanges avec les autres membres de l’U.A.M., son expérience, notamment comme décorateur pour le cinéma, nourriront ses créations pour ce lieu, tant dans la conception de chaque œuvre en particulier que dans la composition des ensembles. Parmi d’autres choix déterminés par Robert Mallet-Stevens dans l’aménagement de la demeure, il est celui, tout à fait remarquable et servant de fil rouge à cette décoration intérieure, de ne retenir qu’une seule et unique essence de bois par pièce. Ainsi, le noyer sera utilisé pour le [Hall-salon], le palmier pour la [Chambre des parents], le sycomore pour le [Boudoir] de Mme Cavrois, le poirier pour le [Bureau de M. Cavrois], etc. Bien au-delà d’un simple systématisme facile et dénué de sens, l’usage d’un matériau unique pour le mobilier de chaque pièce permet dans de tels espaces, très vastes, d’être en parfaite adéquation avec leur destination ; il s’agit donc là d’une vision fonctionnaliste de l’équipement de la maison, l’usage induit la forme et le rendu esthétique. D’autre part, ces essences de bois variées, mais utilisées par univers, donnent la possibilité aux Cavrois de voyages au quotidien dans leur propre maison.

Un mobilier à découvrir
En 1985, Mme Lucie Cavrois disparaissait, soit vingt ans après le décès de son époux M. Paul Cavrois. L’année suivante, en 1986, les héritiers Cavrois prirent la décision de se séparer de la totalité du mobilier de la villa, plus personne n’y demeurant. Des meubles qui en provenaient et qui furent vendus par les enfants Cavrois en 1986, presque tous ont déjà vécu une seconde, voire un troisième vie, parfois une quatrième, passant des mains de galeries aux mains de collectionneurs, de mains de collectionneurs à celles de commissaires-priseurs, de celles de commissaires-priseurs à celles de galeries, etc. Il est arrivé aussi que des instituions, souvent au profit de la réhabilitation de la Villa Cavrois, se portent acquéreurs de mobilier. Or, et c’est un fait unique, les 16 meubles ou objets mobiliers (une enfilade, une paire de fauteuils, neuf chaises de salle à manger, une lampe, une chaise de bureau, deux valets) qui sont proposés dans cette vacation sont tous issus de l’acquisition initiale de 1986 auprès des héritiers Cavrois et sont restés la propriété du même acheteur depuis cette date, aucun n’est passé dans le giron d’une galerie ou dans celui d’un autre collectionneur entre-temps. Ce sont là les uniques œuvres provenant de la villa qui peuvent encore bénéficier de ce pedigree, aucune autre ne pourra plus s’en prévaloir.
Chambre parentale
Enfilade, 1929/32 – pièce unique
64.000 €


Hall-Salon
Lampe à poser, 1929/32
83.200 €


Hall-Salon
Bergères, 1929/32 – paire unique
76.800 €
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Salle à manger
Suite de neuf chaises, 1929/32
40.960 €
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Salle de bain
Deux Tabourets Villa Cavrois, 1929/32
25.600 € & 20.480 €
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Bureau de M. Cavrois
Chaise de type Visiteur, 1929/32
38.400 €











